VOEUX AUX PERSONNALITES LOCALES ET AUX REPRESENTANTS DU MONDE ASSOCIATIF De M. Christophe SIRUGUE Député Maire de Chalon-sur-Saône Président du Grand Chalon Lundi 12 janvier 2009 -Espace des Arts Monsieur le Sous-préfet, Mesdames et Messieurs les Représentants des services de l'Etat, Mesdames et Messieurs les élus régionaux, départementaux et communaux, Mesdames et Messieurs les Représentants des autorités civiles, religieuses et militaires, Mesdames et Messieurs les représentants du monde économique, culturel, associatif et sportif, Mesdames, Messieurs, C’est un réel plaisir que de vous accueillir pour la première fois, avec l’ensemble de mes collègues, adjoints de la Mairie de Chalon-sur-Saône et Vice-présidents du Grand Chalon à cette réception des voeux 2009. Si nous avons décidé de regrouper ce qui était jusqu’alors deux manifestations distinctes, celle de la Ville centre et celle de la communauté d’agglomération, c’est bien sûr pour éviter une redondance de dépenses, mais aussi et surtout pour traduire dans les actes l’unité affirmée de la ville centre avec les 38 autres communes du Grand Chalon. L’exercice auquel je vais me livrer ce soir n’est pas des plus simples. 1 Si j’évoque trop les projets de la ville centre, certains saisiront aussitôt l’occasion de dénoncer la volonté hégémonique du Maire sur la Communauté d'Agglomération. Et, si à l’inverse, je développe trop exclusivement le projet d’agglomération, d’aucuns ne manqueront pas de clamer que je brade les intérêts de Chalon-sur-Saône. Et bien, au risque de vous surprendre, je me sens très à l’aise dans la mission qui est la mienne car ma conviction profonde, notre conviction profonde, c’est qu’il ne peut y avoir un Grand Chalon fort sans une ville centre dynamique et donc que l’avenir de l’un dépend de l’avenir de l’autre, vous laissant le soin de mettre selon votre envie les choses dans l’ordre qui vous convient le mieux. Au-delà de ce sentiment éprouvé, ce que nous construisons aujourd’hui est bel et bien une anticipation des évolutions institutionnelles en gestation que, dans une République décentralisée, nous ne sommes pas obligés de subir. Chacun peut le comprendre, c’est aussi la volonté de rendre plus efficaces les politiques publiques indispensables à notre territoire afin de le rendre plus équilibré, plus attractif, plus durable et plus solidaire. C’est une exigence pour mieux servir les attentes de nos concitoyens, attentes aux formulations certes différentes des petites aux grandes communes mais à la mise en oeuvre en réalité toujours identiques en terme de service au public. C’est un engagement collectif que de rapprocher nos collectivités et de les faire travailler ensemble au seul bénéfice du territoire chalonnais et de ses habitants. 2 C’est une nécessité aussi, notamment dans une telle période de restriction budgétaire pour pouvoir oeuvrer et répondre toujours mieux aux attentes en perpétuelle évolution sans forcément accroître à dû concurrence la dépense publique. A cet égard, la mutualisation des services de la ville centre et de l’agglomération, puis des communes membres dans un second temps, par delà le terme barbare et technocratique, participe bien de cette 1er logique… Une logique qui est déjà réalité depuis ce janvier, la direction générale de la ville de Chalon et du Grand Chalon étant désormais commune et partagée à parité. Ainsi, cinq cadres supérieurs de la fonction publique territoriale – le DGS, les trois DGA et le DGST – exercent là où, il y a encore dix mois, neuf fonctionnaires étaient employés. Tout en débouchant sur une appréciable réduction du nombre de réunions, cette mutualisation de leur temps de travail permet de transmettre les consignes et coordonner les orientations décidées par les élus de manière unique, conduisant ainsi à un incomparable gain de temps et d’efficacité. Et le mouvement ne se limitera pas à ce seul niveau si tout le monde le veut bien. Dans cet objectif, et au titre de sa vice-présidence, j’ai confié à Christian WAGENER la mission de rencontrer tous les maires et élus des communes membres afin de connaître ainsi leurs attentes et leurs besoins et voir aussi comment leurs agents pourraient trouver leur place ainsi que leur devenir professionnel dans la nouvelle structuration de notre organisation. 3 En complément, j’ai sollicité mon ami Pierre JACOB, Premier Vice- président de l’agglomération, pour qu’il garantisse à chacune des communes membres que cette transformation s’exécute dans le cadre d’un équilibre financier qui ne porte préjudice à aucune de nos collectivités. Car la mutualisation du Chalonnais ne peut se faire au bénéfice exclusif de certains et au détriment des autres ! Cette exigence servira de boussole à la future Commission d’évaluation et de suivi de la mutualisation que le Conseil communautaire de mars prochain créera et installera. Je proposerai que cette Commission soit présidée par Pierre JACOB avec comme Vice-présidents Christian WAGENER et Dominique JUILLOT que je remercie d’avoir accepté cette responsabilité. Daniel GALLAND Vice-président en charge des Finances du Grand Chalon et Françoise VERJUX PELLETIER Première adjointe au Maire en charge des Finances à la ville de Chalon-sur-Saône ainsi que dix représentants des autres communes auront aussi un rôle important à y jouer. La transparence ne me fait pas peur… Bien au contraire, je la demande et je la mets en oeuvre ! Cela, je le dis surtout pour les représentants et les habitants des communes plus petites. L’objectif n’est pas de transférer les difficultés, réelles il est vrai et j’y reviendrai, de la ville centre à la Communauté d’agglomération mais plutôt de déterminer ensemble, d’une part les équipements et politiques qui relèvent assurément d’une dimension communautaire et d’autre part les services nouveaux, nécessaires à un bon fonctionnement de vos mairies et ajustés aux attentes de vos habitants, que le Grand Chalon pourrait vous apporter. 4 Comme vous le voyez, s’il est conduit avec célérité, ce projet n’est cependant pas appréhendé dans la précipitation, et sa généralisation, son dimensionnement comme sa portée seront largement concertés et évalués au cours des six prochains mois. Au final, c’est une décision communautaire qui clôturera les débats menés et précisera l’avancée souhaitée par chacune des collectivités intéressées. Le Grand Chalon, c’est tout à la fois notre patrimoine et notre avenir communs. Les évolutions démographiques, économiques, sociales, environnementales ont été considérables au cours des dernières décennies. Nous avons besoin de repenser les outils d’aménagement et d’organisation de ce territoire, une démarche que coordonnera Martine HORY avec la refonte du projet d’agglomération et plus encore avec la mise en révision du fameux SCOT (schéma de cohérence territorial) dont la réflexion sera étendue, puisqu‘ils nous en ont fait la demande, aux communautés de communes du Pays du Chalonnais. Nous y repenserons la place et les connexions entre les infrastructures routières, fluviales ou ferroviaires sous la houlette de Gérard LAURENT. Nous devrons nous interroger sur nos modes de déplacements afin de trouver le juste équilibre entre la voiture, les transports publics et les déplacements doux comme à commencer à le faire Jean-Noël DESPOCQ. J'en profite pour le remercier d'avoir initié la gratuité des transports scolaires qui sera effective dès la rentrée de septembre 2009. Il est désormais acquis que la dimension environnementale doit être hissée au premier rang. 5 C’est la mission que porte aujourd’hui Denis EVRARD, autant pour maîtriser la politique de gestion des déchets que pour limiter une urbanisation galopante dont nous risquons fort de payer très cher, un jour, les terribles conséquences économiques, écologiques et humaines induites par l’imperméabilisation outrancière des sols… Nous devrons de ce point de vue être aussi vigilants sur la nécessaire coordination des politiques de l’eau et de l’assainissement dont la réflexion a été confiée à Gilles MANIERE. S’il n’y a pas urgence à trancher des compétences sauf décision contraire et impérative du législateur, personne ne comprendrait que les six années de ce mandat n’aient pas vu bouger les lignes sur ces questions, et notamment celle de l’assainissement. L’aménagement c’est aussi la question de l’Habitat, que suit pour nous Bernard GAUTHIER, avec les enjeux extrêmement complexes et lourds de la politique de la ville qui se développe sur les quartiers de Chalon et de Champforgeuil notamment. Sur ces quartiers, force est de constater que la faiblesse actuelle des outils de cohésion sociale nous empêche de mener avec réussite les accompagnements, pourtant nécessaires, pour lutter contre les discriminations et pour offrir à ceux qui en ont besoin des parcours d’insertion véritable. Mais l’Habitat c’est aussi la nécessaire cohérence entre ce qui se fait entre nos différentes communes. Là encore, des évolutions sont nécessaires, voire parfois même des révolutions culturelles, pour faire comprendre qu’attirer de nouveaux habitants sans avoir les capacités de développer dans le même temps les services qu’ils attendent est un grand risque d’échec. 6 Aussi, dans la période de transition et de formalisation du SCOT, il ne me semblerait pas inutile d’envisager pour l’agglomération une charte d’urbanisme à l’échelle des 39 communes. Elle aurait pour avantage de disposer ensemble d’un document contractuel permettant d’apprécier de manière différente les futures extensions pavillonnaires. En appoint de cette Charte serait proposé un « guide des bonnes pratiques », adossé aux aides financières communautaires pour la réalisation d’études préalables à la définition des projets de développement urbain. Aménager le territoire, c'est enfin assurer le développement, toujours plus large et plus fort, du haut et très haut débit. Avec volonté et grâce à l'action de Raymond GONTHIER, des avancées notoires sont en cours sur deux communes particulièrement oubliées, Farges-les-Chalon et Sassenay, mais je sais que d'autres secteurs sont en attente et nous y travaillons. Vous le voyez, c'est au Grand Chalon qu'il revient le soin d’organiser notre territoire et l'action engagée y contribuera. Le Grand Chalon est aussi l’institution qui doit développer notre économie locale, soutenir la formation et l‘enseignement supérieur. 2009 nous est annoncée comme une année économique difficile. Notre capacité non seulement à résister mais aussi à défendre et promouvoir les qualités de notre secteur repose sur l’établissement d’un plan de stratégie d’aménagement et de développement économique du Grand Chalon à échéance 2020. C’est la tâche à laquelle s’est attelé Benjamin GRIVEAUX et qui sera présentée d’ici quelques semaines aux conseillers communautaires. 7 L’alchimie est simple à formuler mais plus complexe à établir. Il nous faut impulser une politique d’attractivité renforçant l’aptitude du territoire à attirer et fixer durablement les entreprises et donc les hommes et les investissements. Cela exige, des aménagements de qualité, des infrastructures pertinentes, des services fournis mais aussi et surtout une véritable capacité à maîtriser l’offre foncière disponible. Il nous manque l'outil pour cela. Il nous faut le créer et peut être le partager avec d'autres comme la Communauté « Le Creusot-Montceau ». Sachons aussi mettre en avant l’offre d’enseignement supérieur dont nous disposons avec l’IUT bien sûr et « Arts et Métiers Paris Tech », plus connu sous son ancien nom l’ENSAM, un dossier que pilote attentivement Laurence FLUTTAZ. Nous savons que si nous soutenons et développons des filières en adéquation avec les emplois disponibles ou à créer sur notre bassin, alors nous aurons capacité à maintenir notre jeunesse ici et à rendre encore plus attractive la main d’oeuvre du Chalonnais. Des projets sont en cours. Et même s'il est trop tôt pour pouvoir en parler plus précisément, nos espoirs sont aussi optimistes que raisonnables. Le Grand Chalon, c’est celui qui porte aussi les ambitions d’une ouverture sur la culture, le sport ou le monde qui nous entoure. Avec l’Espace nautique et le Conservatoire à rayonnement régional, que suit Jean-Claude MOUROUX, nous disposons là d’équipements sportif et culturel d’une très haute qualité. Le premier par son extension récente semble donner toute satisfaction notamment parce que nous avons pris soin, dès le mois d’avril de limiter l’impact des travaux sur le prix d’entrée. 8 De la sorte, cette structure peut pleinement jouer son rôle social et d’animation du territoire. Mais l’Espace nautique ne saurait à lui seul contenir et résumer la dimension sportive de notre territoire. Celle-ci s’incarne aussi à travers notre nouvelle politique de soutien aux associations et clubs sportifs. Dès cette année sera mis en place le FAAPAS -Fonds d’agglomération pour l’aide et la promotion des activités sportives -au sein duquel la place et le rôle des communes seront renforcés quant à l’allocation des subventions communautaires. Quant au CRR, son nouveau directeur à la rude tâche d’imaginer un projet d’établissement qui ouvrira l’institution sur l’ensemble du territoire mais aussi dans un partenariat plus fort avec le monde associatif riche dont dispose le chalonnais. Celui-ci permettra de développer des synergies avec les autres lieux culturels de l’agglomération et fera toute sa place à l’ensemble des musiques, musiques actuelles y compris. Je sais que c’est le chemin sur lequel l’ensemble de l’équipe s’est lancé et je m’en réjouis véritablement. S’ouvrir sur les autres, s’ouvrir sur le monde, c’est aussi ce que nous avons voulu marquer en confiant à Rachid BENSACI le soin de développer véritablement une politique de coopération décentralisée non seulement avec le Bénin, déjà engagée, mais aussi avec d’autres territoires, européens ou non. Il a souhaité aussi trouver les outils nécessaires pour, là encore, accompagner le monde associatif, fort riche d’envies et de projets, mais un peu moins de moyens nécessaires à leur concrétisation. C’est une orientation indispensable dans une période ou ni le repli sur soi, ni l’individualisme ni le racisme n’ont malheureusement dit leur dernier mot. 9 L’ensemble de ces axes que sont la mutualisation de nos services, l’aménagement concerté du territoire, le renforcement de l’attractivité économique et l’ouverture sur les autres ont constitué la trame du budget 2009 très largement adopté par les Conseillers communautaires, qui ont su dépasser les clivages habituels au nom de l‘intérêt commun, ce dont je les remercie. Il nous faudra maintenant le rendre audible par nos concitoyens, lui donner corps pour que le plus grand nombre s’en empare dans le dispositif consultatif de démocratie participative qu’est en train de structurer pour le second semestre notre collègue Alain BERNADAT. Le Grand Chalon, j’y crois avec force, avec enthousiasme, avec volonté car je sais qu’il est notre bien commun porteur de tous les espoirs. Loin du pessimisme ambiant nous pensons à nos chances, à nos atouts et si nous pouvons le faire, c'est tout simplement parce que nous en avons... Mais comme je le disais au début de mon propos, il m’est bien difficile, il nous est bien difficile, d’imaginer cette perspective sans tenir compte de la ville centre Chalon-sur-Saône, de ce qu’elle fera, sera et deviendra. N’en doutez pas, Chalon va bouger avec la même force, le même enthousiasme et la même volonté que je viens d’exprimer pour le Grand Chalon, même si la situation financière est plus difficile et si les dossiers lancés sont souvent moins bien ficelés parce que peu portés politiquement jusqu’alors. J’entends les attentes qui sont exprimées. Oserais-je vous dire qu’elles sont légitimes et que l’équipe qui m’entoure n’a qu’une envie, celle d’engager enfin la politique pour laquelle nous avons été élus. 10 J'avoue que je me serais bien passé des recours, arguties juridiques et des procédures bien dérisoires qui nous ont fait perdre de l'énergie et des moyens durant les six premiers mois. Mais globalement, les neuf mois écoulés, n’ont pas été neuf mois inutiles au regard du nombre de situations quasi inextricables qu’il nous a fallu clarifier et résoudre. Tous ces petits ajustements si peu visibles mais tellement chronophages et énergivores. Au vu de l’état réel de la commune que je n’ai pu réaliser qu’en arrivant à l’Hôtel de ville, de grâce, que chacun se garde bien de me donner des leçons sur ce qu’il aurait fallu faire et que les mêmes, ou leurs amis, ne l’ont pas fait. La décence liée à la disparition de mon prédécesseur m’a imposé une très grande discrétion sur ces questions. Le temps est maintenant passé et je suis prêt s’il le faut et sans crainte à mettre les dossiers sur table pour qu’ensemble et publiquement soit apprécié et constaté ce qui incombe réellement à mon équipe sur bon nombre des sujets qui, aujourd’hui posent question ou font débat dans notre ville. Mais vous imaginez bien que ce n’est pas sur cette base que je tiens à m’exprimer devant vous à cet instant. D’abord, par principe, je préfère en effet rendre compte de ce qui m’incombe. Mais surtout parce que c’est l’avenir de Chalon qui m’importe et dont je veux vous entretenir. Et pour mieux vous en parler, il m’appartient de vous dire, avant tout autre chose de quoi souffre notre coeur d’agglomération. 11 Plutôt que de me lancer dans un « inventaire à la Prévert », je concentrerai plutôt mon propos sur les cinq maux qui me semblent aujourd’hui les plus invalidants et dont la résolution constitue la base de notre action à venir : la faiblesse du centre ville, de trop fortes ruptures urbaines, le défaut d’attractivité, l’absence d‘unité et cerise sur le gâteau, une démographie en péril dont le recensement annoncé le 1er janvier 2009 fixe le nombre d’habitants à 46500. En résumé, les Chalonnais sont soit démotivés, soit démobilisés, soit, si j’osais, carrément délocalisés. En tout état de cause, le Chalonnais comme le néo-Chalonnais ne sait plus, aujourd’hui, être fier de sa ville. Rendre leur fierté de Chalonnais aux Chalonnais est donc sans aucun doute la mission la plus attachante mais aussi la plus complexe de ce mandat et nous évaluerons régulièrement notre progression en ce domaine. Mais il y a aussi des engagements forts qui ont trop longtemps été attendus et qui seront enfin réalisés. En priorité renforcer Chalon, c’est renforcer son centre ville. Pour cela il nous faudra bien sûr travailler à la requalification des trop nombreux logements vacants, parce que vieux ou insalubres, au moyen d’une politique incitative en direction des propriétaires et par la réintroduction de bailleurs sociaux. Tel est le travail que mène déjà Gérard BOUILLET adjoint au logement. Par ailleurs, il est nécessaire de reconsidérer dans toutes leurs dimensions les conditions de stationnement en centre ville. 12 Que n’ai-je entendu comme conseil sur ce sujet depuis neuf mois. Hélas, ces « conseilleurs bien intentionnés » se souviennent-ils qu’une grande part de l’offre en la matière (le parking de l’Hôtel de Ville, le parking de la Motte, le parking de la Banque, le parking Gloriette) est détenue par un opérateur privé, choisi par mes prédécesseurs auquel des promesses faites en leur temps n’ont jamais été tenues. Il a donc fallu aujourd’hui renouer le dialogue pour que la politique tarifaire et l’offre de services trouvent leur cohérence avec les actions de la municipalité. Reste cependant que le centre ville de Chalon dispose de plus de 5000 places de stationnement et qu'en dehors des abords de la gare, il n’est ni envisageable, ni raisonnable de le développer plus encore. C’est donc dans le cadre d’une réflexion avec le Grand Chalon autour des transports collectifs plus efficaces, plus rythmés et plus adaptés que se trouve une partie de la réponse. A cet égard, la ville de Chalon ne pourra pas être absente du débat sur la structuration d’un "busway" d’agglomération… Renforcer le centre ville revient aussi, bien sûr, à soutenir l’offre commerciale comme le sait bien mon collègue Jean-Pierre NUZILLAT et même si, sur cette question, nous avons parfois le sentiment d’être condamnés avant même que de nous être exprimés. Or, ce n’est pourtant que dans le cadre d’un partenariat véritable que j’appelle de mes voeux, sur l’animation de la ville, sur le développement de services, sur l’accompagnement des commerçants que se trouvent les solutions si souvent demandées. Mais, dans ce partenariat comme dans tous les autres, que chacun assume sa part. 13 En effet, il appartient aussi aux commerçants de se prendre en charge, s’organiser et même peut-être d’animer leurs vitrines avec un peu plus de dynamisme comme quelques uns ont su le faire pendant cette période de fêtes. Dans cette hypothèse, il pourrait être envisagé, au titre de la relance du plan de réhabilitation des façades, de cibler de manière plus significative les aides de la collectivité sur les secteurs centraux et commerçants de la ville, redonnant ainsi une homogénéité qualitative et attractive à des axes de vie jugés prioritaires. Nécessairement, les devantures commerciales devront recevoir un traitement particulier. Pour ce qui la concerne, la ville réfléchira à donner l’exemple par une action concrète dès 2009 sur un ou deux bâtiments emblématiques. La seconde difficulté de la ville, on l’a vu, concerne les ruptures urbaines qui agissent toutes comme autant de facteurs d’isolement et de séparation des différents quartiers de la ville. La rocade en constitue l’élément principal mais aussi les axes forts comme l’avenue Kennedy, ou encore l’avenue Niepce avec son trop fameux toboggan. Or, comment se sentir membre à part entière d’une ville lorsqu’on est coupé de son coeur ? L’aménagement urbain à venir devra donc veiller à métamorphoser ces voiries en véritables rues urbaines qu’un réseau renouvelé de transports urbains adaptés saura desservir. Cet engagement que portent plus particulièrement Françoise VERJUX PELLETIER avec Jacky DUBOIS permettra d’instaurer une politique de la ville qui ne soit pas une politique des quartiers. Si ceux-ci ont chacun leur spécificité à connaître et respecter, il n’en demeure pas moins que ce qui est déterminant et essentiel c’est d’asseoir le sentiment d’appartenance à une seule et même entité : la ville de Chalon-sur-Saône. 14 L’objectif sera pleinement accompli le jour où, quittant leur quartier pour se rendre en centre ville, nos habitants ne diront plus « je vais à Chalon ». Mohieddine HIDRI sait que l’action à mener avec les différentes structures de quartier devra tenir compte de cette volonté là. Ces maisons de quartier devront pour certaines se muer en véritable centres sociaux, pour d’autres en relais associatif ou autres dès lors qu’elles correspondent bien aux besoins et aux attentes des habitants, des besoins dont la définition et la prise en charge participeront du projet éducatif et social de la ville actuellement en cours d’élaboration. Chalon a longtemps été une ville extrêmement attractive. Elle l’est désormais bien moins parce que peu de choses la distingue des autres. Pour retrouver cette différence, je souhaite accentuer l’impact de deux politiques publiques complémentaires, l’une relative aux services mis à disposition des Chalonnais, l’autre portant sur une offre culturelle et sportive redéfinie. Nous ferons de Chalon une ville attractive en imaginant des services nouveaux ou mieux adaptés aux besoins des jeunes ménages, des parents isolés, des personnes aux moyens modestes, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap. Cette dynamique est tout l’objet du volet du projet social sur lequel s’activent notamment Dominique COPREAUX, Martine COURBON et Nathalie LEBLANC. La politique de la petite enfance est par exemple un sujet de préoccupation fort que je suis heureux d’avoir pu mettre en réflexion commune avec les autres Maires du Grand Chalon. Ainsi se dessine à très court terme, dans une démarche intercommunale, une adaptation coordonnée de l’offre des services d’accueil de la petite enfance comme de celle des activités périscolaires et d’accueil de loisirs. 15 L’attractivité d’une ville passe aussi par la qualité de ses équipements scolaires, notamment maternels et élémentaires. Fréquenter les écoles de la ville de Chalon doit redevenir un plaisir et un atout. Aussi Anne BONNIAUD a-t-elle tout mon soutien dans son combat pour faire de l’école notre première priorité. Déjà nous avons réformé la tarification des restaurants scolaires provoquant une hausse de plus de 25% de la fréquentation. Un lourd programme d'investissement sur les écoles sera proposé au prochain budget dans une programmation pluriannuelle tout comme un plan de développement de l'informatique. Enfin les moyens de fonctionnement seront particulièrement accrus, dès cette année. Autre clé constitutive de l’attractivité d’une ville : son offre culturelle et sportive. A Chalon, elle repose sur des équipements dont bon nombre nécessite des plans pluriannuels de travaux ou de reconstruction. Il en est ainsi de la bibliothèque dont personne ne peut sérieusement imaginer que l’emplacement actuel soit compatible avec les enjeux d’une politique contemporaine de la lecture publique. Par nécessité comme par conviction, nous mènerons à son terme notre projet de médiathèque. Une médiathèque ouverte sur la ville et accessible à chacun, en toute liberté et simplicité, loin de ces temples de la culture réservés aux élites et aux initiés. Je souhaite que cet équipement soit, pour les Chalonnais comme pour les habitants du Grand Chalon, non seulement une référence culturelle mais aussi un repaire et un point de repère qu’ils auront plaisir à fréquenter à tout moment de leur quotidien. 16 Cette même approche doit soutenir notre relation avec l’Espace des Arts, le théâtre de la rue aux Fèvres, même si je dois regretter l'annonce faite récemment par l'Etat de réduire de 5% sa participation au budget de cette scène nationale, au moment même ou les collectivités investissaient pour diversifier encore plus la programmation. La Culture c’est aussi une réflexion sur un espace permettant d’accueillir des artistes et des créateurs pour leur permettre de travailler et d’exposer leurs oeuvres dans de bonnes conditions. Au-delà des ces investissements c’est aussi une politique culturelle beaucoup plus transversale et diversifiée qu’il nous faut développer comme l’a d’ores et déjà engagée Florence ANDRE. De la fête, des expositions hors les murs, des séances de cinéma en plein air, des arts de la rue renforcés, des concerts amplifiés, du théâtre, des variétés bref de l’air, de l'ouverture, de l'animation... Il nous faut respirer ! Côté sport, la dynamique est là encore bien enclenchée. Ainsi l’atteste la réflexion organisée et conduite par Lucien MATRON sur la remise aux normes des gymnases et la planification des travaux que ces derniers requièrent, à commencer par le complexe Léo Lagrange pour lequel nous proposerons une opération de requalification lourde dès 2009. De plus, les prochains « Etats généraux du Sport » prévus le 7 février permettront d’analyser et de reconsidérer pour les années à venir les relations entre la ville et ses associations et clubs sportifs. Voilà en quelques mots comment nous envisageons et nous nous engageons à donner corps à Chalon. Mais, me direz-vous, quid de son âme sans laquelle une ville échappe à l’Histoire ? 17 Et bien nul besoin en la matière d’aller chercher bien loin ou de la façonner par des artifices de communicant : l’identifiant chalonnais est si lisible et si limpide que nous avons fini par ne plus le voir alors qu’il coule de source ! De la Saône au canal de Saint-Gobain, des étangs des Aubépins au Lac des Prés St Jean ou encore l’Ile Saint Laurent, qu’il faudra requalifier après le départ de l’hôpital, l’Eau est l’élément d’unité de cette ville portée par une politique environnementale forte que défend Jérôme DURAIN. Une eau qui vient aussi irriguer notre agglomération et qui en constitue un élément fédérateur utile à l’inscription de son identité. Le réaménagement des quais de Saône sera donc le premier grand chantier de la ville et de l'agglomération puisqu'il inclura une réflexion partant de l'entrée de ville de Saint Rémy jusqu'à « l'arbre à Manon » et l'Espace nautique. D'un côté du logement, des commerces, des activités dont un complexe cinématographique, dont le projet devrait se concrétiser bientôt sur le site ou dans la Halle Freyssinet, de l'autre des pontons flottants, des aménagements de terrasses pour cafés et guinguettes, des accès à la Saône, des animations... mais de tout cela bien sûr nous reparlerons. Nous reparlerons aussi du devenir de l'Ile Saint Laurent dans le cadre d'un grand concours ouvert à des architectes et urbanistes européens, mais aussi à la population qui pourra directement exprimer ses attentes et ses idées. 18 De ce point de vue le « Conseil des Sages », dont nous donnerons les principes de composition d'ici deux mois, et le « Conseil des Jeunes », que nous installerons à l'automne 2009, seront des espaces complémentaires de réflexion et de suggestions sur ce dossier comme sur beaucoup d'autres. Je souhaiterai enfin évoquer un dernier sujet qui n'est dans aucune des compétences véritables d'une ville ou d'une intercommunalité et pourtant déterminant, je veux bien sûr parler de la santé et de l'hôpital plus particulièrement. Au terme d'un débat difficile, nous disposerons d'ici quelques temps d'un nouvel hôpital, qui, puisqu'il n'est plus temps de dire quoi que ce soit sur son lieu d'installation, doit nous mobiliser tous afin qu'il dispose de l'ensemble des services et moyens initialement prévus. Si je vous dis cela c'est que j'entends les discours et notamment les plus récents sur l'avenir de l'hôpital. Il n'y aurait pas de problème financier nous dit-on ! C'est sans doute un accident si aujourd’hui, quasiment tous les établissements de France sont dans une situation financière périlleuse et si ceux de nos secteurs cumulent des déficits préoccupants : Mâcon -Le Creusot -Montceau -Autun -Paray le Monial -Louhans et Chalon. Ce débat aura lieu d'ici quelques semaines à l'Assemblée nationale au travers du projet de loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires ». Soyez assurés que comme Député j'y prendrai toute ma place. Si je me refuse à entrer dans une guerre entre secteur public et secteur privé, je ne peux tout de même pas admettre que l'on mette sur le même pied 19 d'analyse, la situation des établissements publics, qui se doivent d'accueillir tous les malades quelle que soit leur condition, leur pathologie ou leur âge, et celle d'établissements privés, qui peuvent faire le choix de se concentrer sur les activités rémunératrices. Il suffit pour cela de regarder ici, ce qui s'est produit pour la maternité par exemple ou de constater vers qui sont orientées les personnes âgées en situation de détresse. L'hôpital public du Chalonnais a besoin d'être soutenu et renforcé. Je serai un acteur de ce combat et soutiens d'ailleurs avec force la bataille du Docteur CORREGE, Chef du service des Urgences, pour que nous obtenions la présence d'heures d'hélicoptère afin d'assurer une équité territoriale devant l'accident ; ce qui n'est pas le cas à ce jour. Les combats ne manquent pas et défendre une ville, une agglomération ou un territoire c'est un devoir permanent pour un élu. C'est là-dessus et notamment avec une approche un peu plus personnelle que je me permettrai de conclure mon propos. C’est par choix que j'ai quitté l’importance d'une présidence de Conseil général pour venir offrir mes services à cette agglomération et à cette ville en connaissant parfaitement l'ampleur des difficultés de cette dernière. J'y habite depuis près de 20 ans, j'en suis l'élu depuis près de 15 ans et vous n'imaginez pas à quel point il peut y avoir d'envie et de motivation à pouvoir influer directement sur cet environnement quotidien qui nous entoure. J'ai cette chance là, grâce aux Chalonnais, sur la base des engagements pris pour la ville comme pour l'agglomération. 20 Les mauvaises langues disent que je serais plus motivé par tel ou tel des mandats que les électeurs m'ont confiés. Je ne souhaite bien évidemment pas y mettre de hiérarchie tant je constate qu'ils sont complémentaires. Je mesure aussi la chance de pouvoir évoquer directement et au plus haut niveau les dossiers locaux qui nécessitent des arbitrages ministériels. Mais puisqu'il faut dire les choses autant vous préciser que je crois plus que tout en l'ancrage territorial. N'ayez aucun doute sur le fait que je n'ai aucunement l'intention de le gâcher ou d'en bouder le plaisir. Chalon est ma et notre passion. Le Grand Chalon est mon et notre credo. Alors, à l’aube de cette nouvelle année, je veux en mon nom personnel et au nom des équipes que j’ai l’honneur de conduire vous souhaiter à toutes et à tous, et aux structures ou organisations que vous représentez une très bonne année 2009. 2009 est notre point de départ, je vous convie à vous joindre à nous pour faire réussir notre territoire au bénéfice des femmes et des hommes qui l'habitent. Je vous remercie de votre attention et vous convie à nous rejoindre dans la Rotonde pour partager le verre de la convivialité et de la solidarité dont nous aurons tant besoin en 2009. 21