En 2026, le Grand Chalon a entrepris des travaux sur la station d’épuration de Bouzeron. Cette installation est essentielle : elle épure l’ensemble des eaux usées de la commune avant leur rejet dans le milieu naturel.
Et c’est d’autant plus important que cette zone est à deux pas de la zone de captage d’eau de nos voisins de la Communauté d’Agglomération Beaune Côte et Sud ! Les niveaux de rejets fixés sont très exigeants.
Alors, concrètement, comment ont été réalisés ces travaux qui représentent pour le Grand Chalon un investissement de 418 000 € HT ?
Comprendre le fonctionnement… avant les travaux
Pour bien comprendre, intéressons-nous d’abord à décrypter comment fonctionne une station d’épuration par filtres plantés de roseaux comme celle de Bouzeron.
L’eau à épurer passe dans un dégrilleur, comprenez une grille qui retient tous les déchets grossiers.
L’eau s’écoule ensuite dans un bassin planté de roseaux. C’est cette végétation et tous les micro-organismes et bactéries qui s’y développent qui retiennent les pollutions et épurent naturellement l’eau.
Enfin, l’eau s’infiltre dans le sol pour une dernière filtration naturelle et pour remplir les nappes phréatiques.
Naturel, ce système est simple et efficace… Seule condition : que les roseaux soient en bonne santé et que l’écosystème fonctionne parfaitement…
De nouveaux équipements pour un traitement plus efficace
Avant les travaux, la station d’épuration fonctionnait avec des bassins à filtres horizontaux. Concrètement, l’eau arrivait d’un côté du bassin et s’écoulait lentement jusqu’à l’autre extrémité.
Le problème ? L’eau était surtout traitée au début du bassin. Les roseaux situés à l’entrée étaient très sollicités et finissaient par s’épuiser, tandis que ceux du fond du bassin travaillaient beaucoup moins. La station continuait donc de fonctionner… mais avec une efficacité limitée.
Le choix a été fait de passer à des bassins à filtres verticaux. Cette fois, l’eau est répartie par le dessus grâce à un système de diffusion plus performant. Elle est ainsi mieux répartie dans tout le bassin, ce qui améliore nettement le traitement.
Autre évolution importante : les bassins sont désormais divisés en plusieurs zones utilisées en alternance. Cela permet de laisser “respirer” les roseaux et de préserver tout l’écosystème qui participe naturellement à l’épuration de l’eau. Résultat : un traitement plus performant et une meilleure qualité de rejet dans le milieu naturel.
Enfin, la zone d’infiltration a été entièrement curée afin de permettre à l’eau de mieux s’écouler et au sol de jouer pleinement son rôle de filtre naturel final.
Une station plus moderne et plus facile à exploiter
Les travaux ont aussi permis de moderniser l’ensemble des équipements pour faciliter l’exploitation et la maintenance du site.
Par exemple, le dégrilleur — qui retient les déchets avant le traitement — est désormais automatique. Avant les travaux, il pouvait se colmater régulièrement et nécessitait l’intervention d’un technicien pour être nettoyé manuellement.
Aujourd’hui, cette opération se fait automatiquement.
La station est également équipée de capteurs et d’un système de télégestion permettant une surveillance 24h/24. Les anomalies peuvent ainsi être détectées plus rapidement… et les interventions réalisées avant qu’un problème ne s’aggrave.
Un chantier anticipé et bien coordonné
Le chantier a duré six mois avec une contrainte majeure : permettre à la station de continuer à fonctionner normalement pendant toute la durée des travaux.
Pas question, en effet, d’interrompre le traitement des eaux usées le temps du chantier.
Pour relever ce défi, les entreprises ont travaillé par phases : pendant qu’un bassin était rénové, les autres continuaient d’assurer le traitement, avant de prendre le relais à leur tour.
Un fonctionnement en alternance parfaitement maîtrisé, qui a permis de réaliser les travaux sans interrompre l’activité de la station